|
Choses canadiennes. Durant les premiers mois de mon séjour à Ottawa en 1992,
je pris des notes sur le pays que je découvrais; dans un nouveau poste, il faut
faire vite car l’œil s'habitue à la nouvelle normalité avec une surprenante
facilité et perd le sens du relief. Je relis ces notes, trois ans après, et je
les trouve trop caustiques mais finalement assez vraies, je crois, même si la
vision est partielle, voire partiale. La vérité est que j'en suis venu à aimer
le pays (les gens y sont presque uniformément aimables) mais surtout à
l'admirer, comme j'ai déjà du le dire, car il maintient assez haut quelques
belles notions de morale publique et de vertus privées, une touchante confiance
dans la bonté des citoyens et un rare sens de la transparence des actes de la
vie dans la cité. À Claude, ma sœur, à Claude, son mari (québécois), je
dédierai ces "choses canadiennes" si j'en fait quelque chose de plus
soutenu; à Laura qui devient canadienne, et à Mozart qui est né au Canada,
aussi… Michel Deverge La puissante voiture croise en chuintant
le long des larges avenues de Fredericton. C’est l’après-midi finissante d’une
sensuelle journée d’automne et la ville étale, au bord de la rivière Saint
Jean, le confort coloré de ses résidences et la richesse établie de ses
habitants. Ce paradis délicatement nuancé d’une petite ville idyllique offre la
vision séraphique de ces villages de poupées où l’environnement et
l’ordonnancement sont le fruit du long travail d’un décorateur attentif. Dans
ce spectacle d’une beauté renouvelée à chaque rue, dans cette jouissance que
donne la contemplation d’une œuvre belle et finie, une inquiétude finit par
sourdre à la vue de tant de perfection implacable. Il faut quelque temps pour
en situer la cause car celle-là est rare. Ni Eros ni Thanatos n’habitent la ville
et ses murs. Il va sans dire que les cimetières sont des parcs coquets et que
les maisons funéraires s’habillent des couleurs guillerettes d’un aimable conte
d’Andersen, comme les murs sont lavés de toute souillure macabre. Plus
étrangement encore, nul signe érotique ne vient donner le petit clin d’œil
d’une certaine humanité. Pas d’odalisque vantant les bienfaits de la dernière
lessive ou de créature lascive chevauchant la voiture à la mode; même les
affiches d’Air Canada sont tristement géographiques et informatives. Nul bar ne
s’éclaire de la connivence machiste qui en d’autres terres convoque le chaland. C’est là, dit doctement Amanda
l’accompagnatrice, un signe de la victoire des femmes du Canada qui au terme
d’une longue bataille ont imposé le respect de leur sexe jusqu’à en réglementer
la publicité et en nettoyer les murs des villes. Amanda était d’ailleurs une allégorie vivante de
cette victoire. Elle cachait des formes sculpturales derrière un prêt à porter
d’une modestie affirmée et remplaçait le maquillage par les couleurs d’une
bonne santé insolente. Elle était très gentille mais sur un fond indéfinissable
de froideur et d’efficacité qui joint à sa haute taille interdisait le plus
ingénu des compliments, voire le simple sourire approbateur. Amanda se changea pour le coquetèle du
soir: elle mit un tailleur mal taillé et des chaussures plates qui, en dépit de
la tentative, ne l’enlaidissait pas totalement. Ce devait être la norme car la
réception fut bien loin de la parade gentille que se font souvent les sexes
réunis et parés des atours, sinon de l’amour, du moins des plaisirs. Les hommes promenaient sur les femmes qui
ne les voyaient pas un regard aveugle, tellement neutre qu’il en prenait les
couleurs de l’indifférence, de l'apeuré et du refroidi. Pas un mot ne
dépassait, pas un geste ne piquait, pas une attitude ne suggérait et les deux
sexes s’unissaient dans la façade d’une surnaturelle ignorance. Cette
neutralité qui tendait vers le biologique renvoyait à l'asepsie radicale des rues
de la capitale provinciale. Il manquait dans toute cette blancheur, mais c’est
affaire de goût, la petite graine infime de noir qui fait le vrai et le beau
blanc. Les hommes n’étaient pas mieux habillés
que les femmes. Un invité se présenta en culottes courtes violettes, chemise à
ramage, socquettes vertes dans des chaussures de tennis élaborées. L’apparition
du perroquet ne suscita aucun regard étonné et l’oiseau se fondit dans la foule
des invités sans qu’aucune réprobation ne se manifestât, même de la part des
femmes présentes. Celles-là étaient bien à la mode Amanda faite de retenue
vestimentaire, de simplicité dans le maquillage, d’autorité dans la conduite,
le tout monté sur absence de talons et réserve d’acier. Amanda, gentiment interrogée sur le
sujet, devint grave, manifesta sa réprobation et traduisit parade amoureuse par
harcèlement sexuel. Attention, danger, de la possible gaudriole on tombait au
pénal: le sujet occupe un espace considérable dans les tribunaux qui ne
plaisantent pas et s’étale avec quelque complaisance dans une presse
moralisatrice en diable. Un vieil évêque de l’Ouest n’était-il pas
traîné en justice pour des gestes peu catholiques certes, mais commis plus de
vingt-cinq ans auparavant et échappant à toute prescription? Un professeur de l’université de Moncton
n’avait-il pas été cloué au pilori par une horde de Walkyries enragées pour
avoir osé recevoir ses étudiantes dans un bureau orné de quelques reproductions
de nus de Picasso ? La consigne n’était-elle pas, à
l’université d’Ottawa, de recevoir les dites étudiantes en laissant la porte de
son bureau ouverte ? De tels comportements justifient sans
doute le retrait de la partie mâle de la population que les sociologues
habillent sous les oripeaux amphigouriques de la "dévalorisation de la
praxis masculine" et que la presse salue plus clairement d’un
avertissement en forme de décadence de la virilité et d’avènement du
matriarcat. Un sociologue connu, Germain Dulac concluait ainsi un article pour
le grand public: “L’incertitude hante désormais le genre masculin et implique
donc sa réaffirmation et sa négociation par un ensemble de pratiques
d’assomption et de validation”.(Sic). La si belle et si gentille Amanda
était-elle aussi, cumulativement, une robuste castratrice? Le mouvement est désormais, même s’il l’a
précédé, dans la mouvance du P.C. [entendez Politically Correct]. La vague
P.C., née chez les voisins du sud, se veut au départ une noble entreprise
confucéenne de rectification des noms qui, pervertis, chargés d’alluvions
colonialistes ou racistes, ont gravement nui aux minorités. Rectifions les noms
et rendons la justice. Le noir est devenu afro-américain [ce qui s’entend],
l’aveugle est muté en non-voyant [nous connaissons] ou mieux en personne ayant
une déficience visuelle et les infirmes sont des personnes à mobilité réduite
ou ayant une déficience physique, les handicapés des personnes ayant une
limitation fonctionnelle etc. Car la chose est conjuguée à tous les modes et à
tous les temps jusqu’à ce que la personne normale devienne une personne sans
déficience. L’exigence de dignité tend alors au refus de l’inégalité, ce qui
est noble et optimiste, mais déraille vite vers une novlangue et une
penséemaotsetung. Aux Uesses, le WASP, c’est à dire le blanc, anglo-saxon, protestant
devient ainsi la mesure de l’horreur absolue dont le pouvoir usurpé s’appuie
sur des penseurs régionaux de pacotille tels que Socrate ou Platon. Retour aux
vrais sources de l’humanité et donc à la civilisation et aux penseurs
africains. Le Canada n’en est pas là, c’est vrai,
mais le P.C. y montre assez son nez pour que, amérindiens et multiplicité
ethnique aidant, il se prépare à de beaux débats sur les sources et les
ressources de la pensée humaine. Les femmes, en tous les cas, sont
devenues une minorité visible dont il convient de poursuivre la libération. Le
parti des amazones est assez bruyant pour que l’antidote se soit spontanément
inventé, celui du mouvement des femmes pour le retour aux vertus
traditionnelles. Le tout concoure à une fragmentation des idéologies et à une
telle multiplication des minorités [il existe une association des femmes
iroquoises catholiques et, comme on dit, pro-choix, c'est à dire en faveur de
l’avortement] qu’il ne paraît plus y avoir de majorité sur quelque idée que ce
soit... sauf, à l’évidence, sur le sport. Ottawa offre ainsi le spectacle continu
et renouvelé au fil des saisons, du bonheur. S’y affichent avec obstination
toutes les activités de l’hédonisme sportif, par tous les temps et à toutes les
heures, sportif certes, mais aussi frisant parfois l’héroïsme. C’est toujours
un spectacle pour les vrais paresseux que de contempler aux aurores glaçantes
une jeune et jolie créature agitant ses longues et nues guibolles de gazelle
dans un courageux jogging. Et elle jogue avec conviction et application comme
des milliers de citoyens, pareillement sérieux, la casquette de base-ball posée
à l’envers sur la tête, courent après eux-mêmes. Ajoutez que le ski chasse le
golf, que la chasse à l’orignal remplace la pêche blanche, que le tennis est
obligatoire toute l’année et que les canadiens sont nés avec des patins à glace
attachés aux pieds. C’est la quête obstinée de la santé, la
religion de la forme et le culte de l’éternité. C’est aussi une des seules
activités licites avec la télévision: en Ontario, fumer est une erreur, boire
une horreur, jouer une abomination et faire l’amour un péché. Une telle
adoration de l’effort physique serait-elle teintée aussi de la volonté de
châtier une chair toujours faible et avide de tentations, rebelle au rigorisme
et ignorante du puritanisme, car l’effort peut porter à l’inconfort et à la
souffrance ? Comment sans cela expliquer l’obstination du pêcheur de glace
immobile sur sa banquise face à son trou d’eau même si sa patience est nourrie
de copieuses libations alcoolisées dirigées contre la froideur polaire ? La religion de la forme devient une
ascèse car le bonheur n’est pas seulement proportionnel au cube du volume du
frigidaire; la quête du salut ne s'arrête en effet pas là mais franchit
parallèlement les frontières de la métaphysique. Les évangélistes et
télévangélistes du troisième réveil nord-américain sont présents et rassemblent des publics de plus en plus nombreux
et captifs, sauf en milieu francophone où la chose, fait gaulois aidant [?] a
plus de mal à prendre. Au premier plan de l’efficacité et du charisme, le
télévangéliste qui fait des miracles en public et à la pelle, en direct sur
l’antenne. Les chemins du salut et de la
connaissance passent certes par des terres moins chrétiennes même dans la sage
et fédérale Ottawa où les sectes et les écoles prospèrent dans la diversité.
Les anges Xedah vous font méditer sur l’abandon à l’amour, le massage reiki
apporte la paix de l’âme, le trager et l’amma vous ravigotent [sic], des
cassettes favorisent la synchronisation des lobes du cerveau, le vrai message
du Graal permet d’explorer les vies antérieures, la chandelle auriculaire hopi
libère les sinus philosophiques encombrés tout comme, on imaginera, la naso-sympathicothérapie ! Il reste cependant de la place pour des
voies plus classiques; cinquante-deux dénominations chrétiennes entretiennent
trois cent vingt lieux de cultes et églises dans la capitale fédérale...pour
trois cent mille habitants; mieux qu’à Rome et un record de sainteté par mètre
carré car il y a de l’espace pour tout et tous, sauf bien sur pour les
activités du monde flottant honteusement contenues sur les trottoirs chichement
mesurés et fortement éclairés d’une petite rue de traverse. A l’instar des pionniers mystiques,
fera-t-on une audacieuse corrélation entre ces espaces intérieurs vastes et
l’immensité géographique du pays où de petites communautés éloignées les unes
des autres ont pu survivre en s’accrochant durement mais librement à leur coin et en ignorant corrélativement les
communautés voisines si peu voisines? L’espace est bien la première matière
première du Canada qui façonne toujours intimement ses occupants. Se faire déposer au coin d’un champ
[encore qu’un champ de quatre kilomètres de coté est-il toujours,
sémantiquement, un champ ?] du coté de Saskatoon, dans les Plaines. Le ciel est
si près, la terre est si loin. Vertige
de l’horizontalité dont parlait le poète à propos des pampas argentines. Car
les plaines sont un océan figé de platitude, une piste d’envol cosmique, le
plain du plain, la preuve irréfutable que la terre est une galette, bref un
immanent objet de méditation. Quel géomètre divin et sadique a construit cet
espace de l’absolue planéité où l’absence de repère est partout présente, où le
cervelet bafouille et cafouille, où l’esprit s’égare mais où l’homme survit
comme craché à la surface du vide, là où l’immensité rencontre le néant. Faire quelques pas ou une longue marche
ne déplace pas le paysage car il n’y a pas de paysage; c’est là une sensation
angoissante, enivrante, exquise jusqu’à la douleur, qu’on ira calmer dans le
refuge de quatre murs bien serrés. Si le monde zen est le caleçon de l’univers,
j’étais nu dans mon caleçon. Samuelovitch, descendant de juifs
ukrainiens qui s’installèrent entre Regina et Saskatoon avant la première
guerre mondiale, vit désormais à Ottawa, en ville [ soit dit en passant, une
ville bien peu urbaine car elle est construite à la campagne ] et en souffre.
Il regrette l’espace et le sentiment confus d’une liberté à nulle autre
comparable, prenante comme une drogue, qui modèle l’âme et façonne des réflexes
ailleurs impraticables. Ce façonnage est une évidence physique
avant tout car l’espace s’impose non seulement comme une donnée factuelle de la
gestion quotidienne mais aussi, évalue Samuelovitch, comme un facteur des
mœurs. Tout homme se déplace dans une bulle. Il n’est que de voir la foule
asiatique pour sentir, à travers sa fluidité et sa science du frôlement sans
toucher, que la bulle peut être réduite. Celle des Canadiens est plus vaste. Il neige sur Elgin et deux grands garçons
marchent, l’un vers l’autre, d’un pas lourd où les bras ballants concourent à
cimenter un équilibre que le climat et le sol glacé ne favorisent pas. Le
trottoir est large, pas assez pourtant pour éviter le choc de coté: les larges
bulles se sont heurtées. La bulle s'agrandit homothétiquement à la
voiture. De Fredericton à Moncton, la route est large, belle, peu fréquentée et
sans croisement significatif. Juste avant Moncton, un gigantesque carrefour de
quatre routes merveilleusement signalé par un arbre de Noël de feux rouges,
puissants et clignotants. Sous l’arbre de Noël deux voitures se sont heurtées,
de face. Trois voitures de spectateurs et celle de la police suffisent à
occuper tout l’espace et l’embouteillage menace. Où et comment coincer sa bulle
pour ne pas la perdre, comme à Calgary? L’aéroport de Calgary est posé sur le
plateau comme la pyramide sur le désert. Accolé à lui, l’hôtel de l’aéroport
est un grand cube de béton: un
demi-cube pour les chambres et un demi-cube vide où les chambres donnent en
surplomb d’une piscine vert tropical illuminée. De la chambre, on voit le mur de verre,
puis l’aéroport, les pistes étirées parallèlement au cube, derrière encore le
plateau et au fond la ville. Au crépuscule, quand montent
successivement les lumières des pistes et de la ville, le grand vaisseau paraît
décoller vers le noir du ciel et quelque planète plus familière. C’est le moment, pour le voyageur de
passage, de penser au froid du dehors, de sortir la glace du réfrigérateur et
le ouisqui et de choisir une des cinquante chaînes de la télévision. Une chance
sur deux de tomber sur un match de hockey sur glace qui, plus qu’un sport, est
le spectacle fétiche du Canada. Les joueurs sont harnachés comme des
extraterrestres et s’affrontent avec une extrême violence codifiée dans des
“arènes” car tel est le lieu qui renvoie avec quelque justesse aux gladiateurs
des stades antiques. Spectacle haut en couleurs, rapide et
tendu, brutal et habile, mais aussi intense commerce où les écuries achètent
les joueurs aux enchères et où les salaires des meilleurs joueurs, entraîneurs
ou organisateurs, atteignent les sommets du miracle économique. En cas d’échec,
c’est la chute verticale. Vae Victis, encore, et la tragédie ajoute au piment
du spectacle. Le culte est aussi entretenu par un important commerce de
paraphernalia hockistes qui encombrent des magasins entiers. La chose ne va pas sans activité
intellectuelle puisque les pages spécialisées des journaux livrent aux
passionnés des colonnes de calculs et de classements aussi ésotériques que ceux
de la bourse de New York. Le sociologue canadien imaginatif voit
dans le phénomène une symbolique parfaite du capitalisme à l’état pur où, comme
dans les sagas de la réussite, l’agressivité sans merci, la brutalité vicieuse
et l’esprit d’à propos commandent à la Fortune. Il y trouve aussi, au deuxième
degré, une subtile légitimation de la violence de société et, en dépit des
règles, quelques justifications à la violence physique. Celle-là hante aussi les autres chaînes
de la télévision. Croira-t-on les statistiques? Chaque enfant canadien
passerait vingt-six heures par semaine devant sa télé et y consommerait en gros
plan et couleurs un nombre de crimes violents qui passe le chiffre de dix mille
par an? Le même sociologue imaginatif est presque
déçu du peu d’effets apparents de ces soins intensifs sur la jeunesse. Magie de
l’espace ou illusion appelée à disparaître, le Canada resterait un des pays les
moins criminels de la planète où le nombre de gendarmes dépasserait celui des
voleurs. Ce dernier point n’est pas invraisemblable quand on prend en compte
l’obstination maniaque, l’efficacité et le temps consacrés par les pandores à
la chasse au stationnement illicite des voitures, comme si rien d’autre
n’existait. Les dangers de la télé étaient plus
insidieux, tonnait le vieux J.F., québécois pure laine mais qui avait beaucoup
voyagé, car ils se conjuguaient déplorablement avec ceux de la libération des
femmes dont les extrêmes l’avaient convaincu de la valeur d’un célibat
volontariste. Devant des auditoires masculins restreints et choisis, il
s’enflammait. L’assomption des femmes était fondée sur
le nouveau partage des tâches ménagères
que les hommes avaient lâchement refusées sans le dire; les nouvelles
épouses avaient donc conservé leurs anciennes responsabilités ancillaires et
celles, ajoutées, d’un métier; situation difficile qui les avait enfermées dans
l’orgueil de l’héroïsme et le mépris sexiste. La porte était ouverte à
l’instabilité comme en témoignait l’effarant taux des divorces et des
remariages successifs. La télé avait lentement banalisé la mouvance des couple
jusqu’à en donner la représentation du mode normal et légitime des comportements.
Combien d’enfants, s’étouffait le vieux J.F., n’ont plus avec leurs parents
biologiques que des contacts épisodiques contrariés par le jeu des droits de
visites croisées et multipliées au rythme des unions successives? L’accroissement des dispositifs
d’aide aux femmes battues, aux enfants maltraités, aux jeunes égarés et autres
brebis malheureuses témoignaient, non pas du progrès de la conscience sociale,
mais de son irrésistible dégradation. C’était sous cet éclairage que J.F.
lisait l’attention constante et croissante portée à l’enfant que l’absence de
famille entraînait l’électeur à remettre aux bons soins des mécanismes sociaux
et des écoles. (à suivre ) |